Au Togo, le gouvernement poursuit l'adaptation de son cadre réglementaire des communications électroniques. Réuni jeudi 30 juillet 2026, le Conseil des ministres a en effet pris un décret modifiant les redevances d'utilisation des fréquences radioélectriques afin d'accompagner le développement des nouveaux services satellitaires et de soutenir les ambitions nationales en matière de transformation numérique.
Un régime tarifaire adapté aux nouvelles technologies
Précisément, le texte modifie le tableau n° 16 de l'annexe 2 du décret du 5 avril 2023, fixant les taux et les modalités de perception des frais dus par les opérateurs de réseaux et services de communications électroniques.
Selon le communiqué, « le présent décret procède à l'adaptation du régime tarifaire des redevances d'utilisation des fréquences radioélectriques afin de tenir compte des évolutions technologiques ainsi que des spécificités des nouveaux services satellitaires, tout en garantissant la viabilité économique des services proposés par les opérateurs ».
Le Conseil des ministres s’est réuni ce jeudi 30 juillet 2026, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBÉ, Président du Conseil.
— Présidence du Conseil du Togo (@presidencecstg) July 30, 2026
Au cours des travaux, le Conseil a examiné et adopté deux (2) décrets règlementaires et plusieurs décrets de nomination.… pic.twitter.com/hynvSwGM7v
Cette évolution s'inscrit dans la stratégie nationale de transformation digitale, qui vise une couverture numérique intégrale du territoire et le développement de nouveaux usages fondés sur l'Internet des objets (IoT) et les communications de type Machine-to-Machine (M2M) par satellite.
Connecter les zones peu couvertes
Le gouvernement estime que cette réforme facilitera l'arrivée de nouveaux opérateurs spécialisés. Le communiqué précise ainsi que « cette mesure favorisera l'installation d'opérateurs spécialisés, l'extension de la connectivité dans les zones rurales ainsi que le déploiement de solutions numériques innovantes dans des secteurs stratégiques tels que l'agriculture, la santé, la gestion de l'environnement et la logistique ».
L'enjeu est important dans un pays où l'accès au haut débit demeure inégal selon les territoires. Les solutions satellitaires peuvent notamment offrir une alternative aux réseaux terrestres pour desservir les localités isolées et accélérer la digitalisation des services publics et privés.
Cette réforme vient compléter les investissements engagés ces dernières années dans le secteur. Selon l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), le Togo comptait plus de 10 millions d'abonnements mobiles à la fin de 2025, avec un taux de pénétration supérieur à 90 %, tandis que la couverture 4G continue de progresser. En parallèle, le pays poursuit le déploiement de son réseau national de fibre optique et multiplie les initiatives destinées à renforcer l'économie numérique, dans un contexte où la connectivité devient un outil aussi essentiel, mobilisé dans des secteurs variés, allant de l'agriculture à la logistique, en passant par la santé et les services numériques.
Ayi Renaud Dossavi