Le groupe bancaire panafricain Ecobank, basé à Lomé, prévoit de mobiliser 2,6 milliards de dollars d’ici 2030 pour renforcer le financement de l’entrepreneuriat féminin et des chaînes de valeur agricoles en Afrique. L’annonce a été faite jeudi 24 septembre 2026 à Lomé, à l’occasion de la clôture des célébrations marquant les 40 ans du groupe bancaire.
Sur cette enveloppe, 2 milliards $ seront consacrés aux entreprises dirigées par des femmes, dans le cadre du programme Ellevate. Ecobank indique avoir déjà accompagné plus de 110 000 entreprises féminines et ambitionne désormais de porter son portefeuille à 400 000 entreprises formelles à l’horizon 2030.
Le dispositif prévoit également de renforcer l’accompagnement des micro-entrepreneures, avec des actions de formation aux outils numériques, à la gestion et à la bancarisation. À terme, près d’un million de femmes devraient pouvoir bénéficier de nouvelles opportunités de financement et de services financiers adaptés.
Financer toute la chaîne agricole
Le deuxième volet de l’engagement porte sur 600 millions $ destinés aux PME agricoles et aux différents acteurs des chaînes de valeur. Ecobank veut aller au-delà du financement traditionnel des campagnes agricoles pour couvrir l’ensemble du circuit, « de la ferme à la table ».
Producteurs, agrégateurs, transformateurs, logisticiens, commerçants et exportateurs sont ainsi ciblés. Pour la banque, l’enjeu est de faciliter l’accès au financement à différents maillons de la chaîne, tout en soutenant la résilience de l’agriculture africaine face au changement climatique.
L’initiative doit également favoriser la digitalisation des transactions dans les zones rurales et faciliter le financement du commerce. À terme, Ecobank entend contribuer à une meilleure structuration des marchés agricoles régionaux et au développement des échanges liés aux produits agricoles africains.
Pour le président du Groupe, Jeremy Awori, cette mobilisation traduit l’engagement de la banque en faveur de la transformation de l’agriculture africaine. Ecobank avait notamment réalisé en juillet 2026 la cotation à la Bourse de Londres de son obligation Nature de 450 millions $, présentée comme la première obligation de ce type émise par une banque commerciale selon la désignation de l’International Capital Market Association (ICMA).
Financement et accès aux marchés
Au-delà des crédits, le dispositif prévoit des mécanismes de garantie et de partage des risques, des solutions numériques de paiement et de collecte, ainsi que des formations en gestion, leadership et accès aux marchés. Ces outils doivent faciliter la formalisation des petites activités et améliorer leur capacité à accéder aux services financiers.
Ecobank compte en outre rapprocher les entreprises des débouchés régionaux à travers sa plateforme Single Market Trade Hub. L’objectif est de mieux articuler financement, production et accès aux marchés, notamment dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Cette annonce intervient quelques mois après celle d’un engagement de 3 milliards USD sur trois ans pour financer le commerce intra-africain et mondial. Dévoilé en mai 2026 lors de l’Africa-Forward Summit à Nairobi, ce dispositif a vocation à accompagner les entreprises africaines et à renforcer leur intégration aux chaînes de valeur régionales.
Présent dans 34 pays africains, Ecobank vise ainsi à renforcer son offre dans le financement du commerce et les paiements digitaux, dans le cadre de sa stratégie « Growth, Transformation and Returns » (GTR), qui met notamment l’accent sur la gestion des risques et le développement des opérations transfrontalières.
Esaïe Edoh
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