« Nous voulons bâtir une marque laitière africaine à partir du wangash togolais », Assaba Akouétévi, promotrice de ROSHTA Wangash

19/09/2026

Issue du secteur des analyses biomédicales, Assaba Akouétévi a choisi de valoriser le wangash, un fromage traditionnel à base de lait de vache, à travers ROSHTA Wangash. Son entreprise mise sur la qualité sanitaire, le conditionnement et l'innovation pour structurer une filière encore largement informelle. Dans cet entretien accordé à Togo First, elle revient sur son parcours, les défis de la transformation laitière au Togo et son ambition de faire émerger une marque régionale. 

Togo First : Vous venez du secteur des analyses médicales. Comment êtes-vous arrivée dans l'agroalimentaire, et plus précisément dans le wangash ?

Assaba Akouétévi : Ma formation en analyses médicales m'a appris une chose essentielle : la santé commence dans l'assiette. J'ai travaillé dans un environnement où l'hygiène, la qualité et la sécurité étaient au cœur des pratiques. En parallèle, j'ai toujours été passionnée par l'entrepreneuriat et la cuisine. En découvrant le potentiel du wangash, un fromage très apprécié mais peu valorisé, j'ai vu l'opportunité de réunir ces deux univers.

Togo First : Vous évoquez souvent un déclic. Quel a été le point de départ de ROSHTA ?

AA: L'idée est née d'une expérience très simple. Un jour, j'ai parcouru plusieurs kilomètres pour acheter du wangash. Je l'ai trouvé dans des conditions d'hygiène qui ne me convenaient pas. Avec mon époux, nous nous sommes demandé combien de consommateurs vivaient la même situation. Beaucoup aiment ce produit mais ne le trouvent pas facilement, ou n'ont pas le temps de le préparer. Nous avons alors imaginé un wangash prêt à consommer, bien emballé et facile à transporter.

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Togo First : Qu'apporte ROSHTA par rapport au wangash traditionnel ?

AA: Notre principale différence est la qualité. Nous appliquons les bonnes pratiques d'hygiène à chaque étape, depuis la collecte du lait jusqu'au conditionnement. Nous garantissons la traçabilité, une meilleure conservation et un transport plus simple. Nous avons également développé plusieurs déclinaisons, sans dénaturer le produit.

Togo First : Pourquoi avoir misé sur plusieurs saveurs ?

AA: Parce que le wangash est souvent associé à un seul plat traditionnel. Nous voulions montrer qu'il peut être consommé autrement. Aujourd'hui, il accompagne des salades, des pâtes, des apéritifs ou des buffets. Les versions grillées et épicées rencontrent un fort succès auprès des consommateurs, tandis que le fromage frais est très apprécié des hôtels et des restaurants.

Togo First : Votre entreprise travaille directement avec les producteurs de lait. Comment s'organise cette filière ?

AA: Nous collaborons avec des femmes collectrices de lait en milieu rural. Le lait est ensuite transformé selon des normes d'hygiène strictes avant d'être conditionné et distribué. Nous accompagnons également ces productrices avec des formations, des équipements et la mise en place d'unités de pré-transformation afin de réduire les pertes et d'améliorer leurs revenus.

Togo First : Quels sont aujourd'hui les principaux défis de ROSHTA ?

AA: Le premier reste la structuration de la filière laitière locale. Il y a aussi le coût élevé de la chaîne du froid, l'accès au financement et l'évolution des habitudes de consommation. Nous ne vendons pas uniquement un fromage. Nous expliquons aux consommateurs pourquoi un produit mieux conservé, contrôlé et emballé apporte davantage de sécurité.

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Togo First : Quelle est votre ambition pour les prochaines années ?

AA: Nous voulons renforcer notre capacité de production, accéder aux marchés régionaux puis internationaux et poursuivre la structuration de la filière avec davantage de femmes partenaires. Notre objectif est de bâtir une véritable marque laitière africaine. Le wangash restera notre produit phare, mais nous développons progressivement d'autres produits laitiers.

Togo First : Quel message adressez-vous aux jeunes qui souhaitent entreprendre ?

AA: N'attendez pas que toutes les conditions soient réunies. Commencez avec ce que vous avez, formez-vous en permanence et recherchez les opportunités autour de vous. J'insiste aussi sur l'importance de la chaîne de valeur. On ne réussit pas seul. Il faut construire des partenariats solides et évoluer ensemble. 

Entretien réalisé par Ayi Renaud Dossavi