
Au Togo, le projet de construction d’une centrale thermique bifuel de 120 MW franchit une nouvelle étape. Le ministère délégué chargé de l’Énergie et des Ressources minières a organisé, le vendredi 18 septembre 2026, une réunion de mobilisation anticipée du marché (Early Market Engagement, EME), en amont de la future procédure de sélection.
La consultation visait à confronter les principales caractéristiques du projet aux capacités et aux attentes du marché. Elle a notamment permis de présenter le périmètre envisagé et d’échanger avec les opérateurs sur les exigences du projet, les risques de mise en œuvre et les opportunités, ainsi que sur les capacités des entreprises susceptibles de participer à la future procédure de sélection.
Prévue sur le site de la Centrale thermique de Lomé (CTL), la nouvelle infrastructure doit renforcer la capacité pilotable du système électrique national, dans un contexte de progression de la demande. Au premier trimestre 2026, la pointe de consommation électrique était estimée à 360 MW, avec une croissance d’environ 10 % par an. La nouvelle centrale doit ainsi apporter une capacité supplémentaire mobilisable en fonction des besoins du réseau, notamment pendant les périodes de forte demande.
Le projet prévoit l’installation, en configuration modulaire, de groupes moteurs bicombustibles fonctionnant principalement au gaz naturel, avec un combustible liquide en appoint. Le marché envisagé couvre la conception, la fourniture, l’installation, les essais et la mise en service des équipements. Il comprend aussi la formation du personnel et une prestation de maintenance après la réception provisoire. Le raccordement de la centrale est prévu sur le réseau de transport à 161 kV.
Le projet bénéficie de l’appui financier de la Banque mondiale. Sa préparation intervient dans le cadre du Pacte national de l’énergie du Togo, adopté en 2025 au titre de l’initiative Mission 300, qui vise notamment à accélérer l’accès à une électricité fiable en Afrique. Le Pacte togolais fixe, pour sa part, l’objectif d’un accès universel à l’électricité à l’horizon 2030.
À ce stade, la mobilisation anticipée du marché ne constitue ni un appel d’offres ni une préqualification. Elle doit permettre au maître d’ouvrage d’affiner la préparation du projet et les modalités de la future consultation. Selon le calendrier indicatif, le lancement de la procédure de sélection est envisagé au quatrième trimestre 2026.
Esaïe Edoh
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