Bassin du Mono : la BAD mobilisera 1 M€ pour préparer de futurs investissements

26/06/2026

Le bassin du Mono, que se partagent le Togo et le Bénin, bénéficiera d'un financement d'un million d'euros, soit environ 656 millions FCFA, de la Banque africaine de développement (BAD), selon un rapport d'évaluation de projet consulté par Togo First. 

L'enveloppe, à mobiliser à travers la Facilité africaine de l'eau (FAE), servira à préparer une nouvelle génération d'investissements dans la gestion des ressources en eau. En cours d'approbation par le Conseil d'administration de l'institution financière panafricaine, le projet permettra d'élaborer un schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) et un plan d'investissement destinés à attirer, à terme, des financements de plus grande ampleur pour des infrastructures hydrauliques, l'irrigation, l'eau potable, l'hydroélectricité et la restauration des écosystèmes dans ce bassin transfrontalier.

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Notons que, sur cette enveloppe, 700 000 euros seront apportés sous forme de don par la FAE, tandis que l'Autorité du Bassin du Mono (ABM), le Togo et le Bénin assureront un cofinancement total de 300 000 euros.

Préparer un portefeuille de projets « bancables »

Concrètement, le schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) et le plan d'investissement seront accompagnés d'un programme de mesures et d'une évaluation environnementale stratégique.

Ces documents constitueront la feuille de route commune des deux pays pour la gestion du bassin et serviront de base à la mobilisation de financements auprès de la BAD, de l'Union européenne (UE), du Fonds vert pour le climat (FVC), de l'Agence française de développement (AFD) ou encore d'autres partenaires techniques et financiers.

Le rapport d'évaluation souligne que les bénéfices économiques du projet n'interviendront qu'au moment de la mise en œuvre des investissements qui seront identifiés dans ce plan. Les études financées aujourd'hui ont ainsi vocation à rendre les futurs projets « bancables » et à lever des ressources bien plus conséquentes.

Le document prévoit déjà une stratégie de mobilisation progressive des financements, avec des investissements répartis entre le court, le moyen et le long terme dans les domaines de l'eau potable, de l'assainissement, de l'irrigation, de l'hydroélectricité, de la restauration des écosystèmes et de la gestion des risques climatiques.

Un bassin stratégique pour les deux pays

Créée en 2014, l'Autorité du Bassin du Mono coordonne la gestion de ce bassin transfrontalier de près de 24 300 km², dont environ 88 % se situent au Togo. Traversé par un fleuve de 467 kilomètres, le bassin constitue une ressource importante pour l'agriculture, la pêche, l'approvisionnement en eau potable, l'irrigation et la production hydroélectrique, notamment autour du barrage de Nangbéto.

Cet espace naturel est toutefois confronté à une pression croissante liée aux inondations, aux sécheresses, à la déforestation, à la pollution et au changement climatique.

Le PGEau-Mono s'inscrit dans la continuité des initiatives engagées ces dernières années pour renforcer la coopération entre Lomé et Cotonou autour de la gestion intégrée des ressources en eau. En mai 2025, les deux pays avaient déjà lancé, avec l'appui de l’UE, la préparation d'un projet régional visant à définir les infrastructures prioritaires du bassin et à améliorer sa gouvernance.

Deux projets pilotes

Outre les études, le projet financera deux opérations pilotes, indique le rapport.

Au Togo, elles porteront sur la restauration des écosystèmes dégradés du sous-bassin de l'Amou grâce aux solutions fondées sur la nature. Au Bénin, elles viseront la lutte contre les plantes aquatiques envahissantes du lac Djétoé.

Ces projets serviront également de démonstrateurs, en prélude à un éventuel passage à l'échelle des investissements sur l'ensemble du bassin.

Ayi Renaud Dossavi

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