
L'African Youth Survey 2026, publiée le 29 juillet, place le Togo en tête du continent sur la perception des partenaires internationaux et parmi les pays où l'inquiétude déclarée face aux menaces transfrontalières est la plus faible. Les jeunes togolais figurent aussi au deuxième rang africain de la demande de facilitation de la création d'entreprise.
À Lomé, c'est un profil singulier qui se dessine. Les jeunes Togolais qui reconnaissent une influence chinoise sur leur pays la jugent positive à 100%, le meilleur score du panel avec le Mozambique. L'influence américaine est jugée positive à 97%, l'européenne à 87%. Aucun autre pays de l'enquête n'affiche une adhésion aussi large à l'ensemble de ses partenaires simultanément. L'Union européenne est par ailleurs perçue comme influente par 79% des jeunes togolais, quatrième rang continental derrière le Mozambique, le Congo-Brazzaville et le Kenya.
L'enquête, réalisée par le cabinet PSB Insights pour la fondation sud-africaine Ichikowitz Family Foundation, a interrogé en face-à-face 4901 jeunes de 18 à 24 ans dans seize pays en mars dernier, dont environ 300 au Togo.
Les menaces transfrontalières moins redoutées qu'ailleurs
Le second marqueur est sécuritaire. Sur les quatre menaces transfrontalières testées, le Togo affiche les niveaux d'inquiétude déclarée les plus bas du continent, qui mesurent une perception et non une exposition. Les jeunes Togolais sont 55% à se dire préoccupés par la migration illégale, contre 91% au Ghana voisin. Sur le trafic de drogues et d'armes, 58% expriment une inquiétude, le score le plus faible du panel. Sur les groupes armés franchissant les frontières, 65%, contre 93% au Ghana et au Mozambique. 15% des répondants déclarent qu'eux-mêmes ou un proche ont été victimes d'un crime au cours des trois dernières années, quatrième meilleur score africain.
Ce climat perçu n'efface pas les tensions économiques : le Togo compte seulement 29% d'opinions favorables sur la direction de son économie, dans une série régionale où le Nigeria est à 22%, le Kenya à 19% et le Tchad à 15%.
C'est peut-être ce qui explique le troisième résultat. Interrogés sur ce dont l'Afrique a le plus besoin pour progresser, 27% des jeunes Togolais citent la facilité à créer une entreprise. Deuxième score du continent derrière la RDC, et dix points au-dessus de la moyenne africaine, à 16%. Ce que réclame cette jeunesse n'est ni davantage d'investissements étrangers, à 9% au niveau continental, ni une réduction de l'influence des puissances extérieures, à 8%, mais un cadre pour produire.
« Ce que veulent les jeunes Africains, ce sont des relations construites sur le bénéfice mutuel et le respect mutuel », écrit dans le rapport Emmanuel Kwezi Tabaro, ancien directeur adjoint du Leo Africa Institute à Kampala. Au Togo, la première demande adressée aux partenaires ne porte pas sur la nature de la relation, mais sur les conditions dans lesquelles on entreprend chez soi.
Fiacre E. Kakpo


