VIH au Togo : la baisse des financements pousse les autorités à rechercher un modèle plus durable

07/08/2026

Le Togo a consacré 19,37 milliards FCFA à la lutte contre le VIH en 2025. Si cet effort a permis de consolider les progrès enregistrés dans la prévention et la prise en charge, il repose encore largement sur les partenaires techniques et financiers, qui ont assuré 86,44 % des dépenses engagées. Dans un contexte de recul des financements internationaux, la recherche de ressources plus durables s'impose désormais comme l'un des principaux défis de la riposte nationale.

C'est l'un des principaux sujets examinés lors de la revue annuelle 2025 de la lutte contre le VIH, organisée les mardi 4 et mercredi 5 août 2026 à Lomé. Cette rencontre réunit autorités sanitaires, partenaires techniques et financiers, organisations de la société civile, représentants des communautés, acteurs du secteur privé et médias afin d'évaluer les performances de la riposte nationale et d'identifier les stratégies susceptibles d'assurer la continuité des programmes.

Des résultats sanitaires en progression

Selon le Secrétariat permanent du Conseil national de lutte contre le Sida et les IST (SP/CNLS-IST), la prévalence nationale du VIH est désormais estimée à 1,6 %. Entre 2010 et 2025, le nombre annuel de nouvelles infections est passé de 7100 à 2100, soit une baisse de 70 % en quinze ans, tandis que les décès liés au sida ont reculé de 73 % sur la même période.

En 2025, près de 95 200 personnes vivant avec le VIH étaient suivies dans les structures de prise en charge, dont 95 038 sous traitement antirétroviral, correspondant à un taux national d'arrimage de 99,85 %. Plus de 650 000 personnes ont réalisé un test de dépistage au cours de l'année et plus de 26,3 millions de préservatifs ont été distribués.

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« Le Togo poursuit sa progression vers le contrôle de l'épidémie grâce aux efforts conjoints du gouvernement, des partenaires techniques et financiers, de la société civile et des communautés », a déclaré le coordonnateur national du SP/CNLS-IST, le Pr Pitche Palokinam Vincent.

Il a toutefois souligné que la prévention de la transmission du VIH de la mère à l'enfant, les actions en direction des adolescents et la mobilisation des ressources nationales demeuraient des priorités.

Réduire la dépendance aux bailleurs

Pour les acteurs de la riposte, la structure du financement demeure le principal point de vigilance. En 2025, les partenaires techniques et financiers ont couvert 86,44 % des dépenses consacrées à la lutte contre le VIH, contre seulement 13,52 % pour les ressources nationales.

Cette question prend une importance particulière alors que plusieurs bailleurs internationaux réorientent leurs priorités budgétaires.

« L’un des défis majeurs actuellement pour les pays africains notamment le Togo c’est celui de la réduction des financements. Comment allons-nous pérenniser nos bons résultats   avec la réduction des financements ? Comment allons-nous travailler mieux pour continuer la lutte contre le VIH Sida ? », questionne Prof Vincent Pitché, Coordonnateur national et secrétaire permanent CNLS/IST.

L’une des solutions résiderait dans le renforcement de l’engagement national. « Dans le contexte actuel de raréfaction des ressources financières au niveau international couplée aux contraintes nationales, j’invite toutes les parties prenantes à réfléchir à la mise en œuvre de meilleures stratégies et des innovations qui vont permettre au Togo de pérenniser les résultats obtenus », a indiqué Dr Kokou Wotogbe, Secrétaire Général du ministère de la santé.

Ces derniers mois, le Togo a engagé les préparatifs de sa demande de financement auprès du Fonds mondial pour le cycle 2027-2029. Objectif : mobiliser près de 56 milliards FCFA pour les programmes de lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme.

Ayi Renaud Dossavi